Tout ce qu’il faut savoir sur le premier frottis

Le premier frottis constitue souvent le début du suivi gynécologique, et suscite logiquement son lot de questionnements et d’appréhensions. Quand faut-il le faire, à quoi ça sert, quel médecin le pratique ? Pour éviter de s’y rendre la boule au ventre le jour J, on vous explique ce qui se passe sur la table d’examen.

Un frottis, c’est quoi ?

Le frottis cervico-vaginal est un examen gynécologique qui consiste à prélever des cellules du col utérin, c’est-à-dire dans la partie basse de l’utérus qui précède le vagin. Indolore et réalisé en quelques minutes, le prélèvement est ensuite envoyé en laboratoire où il sera analysé au microscope. 

Le frottis est le moyen le plus efficace de rechercher des lésions précancéreuses dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus ou du cancer du vagin. Il permet également de déceler certaines infections sexuellement transmissibles (IST).

Quand faire son frottis ?

D’après les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), il n’y a aucune obligation de réaliser un frottis avant l’âge de 25 ans, sauf contre-indication. Dans le cadre du dépistage du cancer du col utérin, un frottis préventif est à réaliser tous les trois ans, de 25 à 65 ans. Toutes les personnes sont concernées par cette recommandation, y compris celles qui ont été vaccinées contre le papillomavirus humain (ou HPV) : le vaccin ne protège pas complètement et un suivi gynécologique reste indispensable. Cependant, avant le début de l’activité sexuelle, l’examen est inutile en général.

Si vous soupçonnez la présence d’une IST, le frottis permettra de révéler ou non la présence d’agents infectieux. Bien que de nombreuses IST ne montrent pas forcément de symptômes apparents, vous pouvez prendre rendez-vous chez votre médecin ou gynécologue si vous remarquez des manifestations inhabituelles au niveau de votre appareil génital : sensations de brûlures en urinant, démangeaisons, pertes vaginales odorantes ou anormales… Parmi les IST, le frottis permet de mettre en évidence l’herpès génital, le papillomavirus, la chlamydia, la gonorrhée ou encore la trichomonase. En revanche, le frottis sera inutile dans le cadre du dépistage du VIH, de l’hépatite B et C ou encore de la syphilis.

Prendre rendez-vous  pour son frottis

Le frottis du col de l’utérus peut être réalisé par un·e gynécologue, une sage-femme, un·e médecin généraliste ou encore en laboratoire, sur prescription. Si votre cycle menstruel est régulier, essayez de prendre rendez-vous en dehors de vos règles car le frottis ne peut pas être réalisé en période de menstruations.

Se préparer à son premier frottis

Le premier frottis est toujours un peu stressant, mais pas de panique : l’examen est bref et indolore. N’hésitez pas à demander à une personne de votre entourage de vous accompagner si besoin, ou à en parler à des ami·e·s ou à des membres de votre famille qui sauront vous rassurer. Vous pouvez également demander, en prenant rendez-vous, à être examiné·e par une femme si cela vous met plus à l’aise.

Pour une fiabilité optimale, il est recommandé d’éviter les rapports sexuels et l’usage de tampons dans les 48 heures qui précèdent l’examen. Si vous souffrez de mycose, d’infection vaginale ou que vous suivez traitement par voie vaginale, prenez rendez-vous à un autre moment. Aussi, pour les personnes qui pratiquent des douches vaginales*, sachez que celles-ci sont fortement déconseillées, que vous ayez rendez-vous pour un frottis ou non, puisqu’elles déséquilibrent votre flore vaginale et élimine les « bonnes » bactéries.

*Pour aller plus loin, on vous conseille notre article pour comprendre pourquoi les douches vaginales sont une fausse bonne idée.

Le déroulé de l’examen

Dans un premier temps, le médecin vous posera quelques questions afin d’en savoir plus sur votre santé sexuelle et reproductrice et de mieux appréhender vos résultats. Il vous interrogera sur votre cycle menstruel ou encore votre activité sexuelle.

La suite se déroule au niveau de la table d’examen. Le médecin vous demande d’enlever votre bas, sous-vêtement compris, et de vous allonger sur la table. Concernant la position à adopter, il faut remonter les genoux, écarter les jambes et placer ses pieds dans des étriers.

Le médecin commence par insérer délicatement un spéculum dans votre vagin. Il s’agit d’un outil médical en forme de bec, généralement en plastique et à usage unique, qui permet de maintenir le vagin ouvert et donc d’avoir une meilleure visibilité et une plus grande liberté de mouvement. Si le médecin ne vous explique pas de lui-même ce qu’il est en train de faire, n’hésitez pas à lui poser des questions.

Une fois le spéculum posé, le médecin prélève quelques cellules en grattant doucement la surface du col de l’utérus avec un bâtonnet, puis réitère l’opération sur la muqueuse vaginale et sur l’endocol (dans la partie interne du col utérin), cette fois avec ce qui ressemble à un long coton-tige.

Les prélèvements sont ensuite étalés sur des lames ou trempés dans un liquide. Les cellules nécessaires ayant été prélevées, le médecin retire le spéculum : l’examen est fini, vous pouvez vous rhabiller. Environ cinq minutes se sont écoulées le temps de pratiquer les prélèvements.

Que se passe-t-il après le frottis ? 

Les prélèvements sont envoyés dans un laboratoire où un médecin spécialisé, l’anatomopathologiste, se chargera d’analyser les cellules recueillies. Les résultats arrivent généralement dans les jours qui suivent l’examen, directement chez votre médecin. C’est ensuite lui qui revient vers vous pour en discuter. En cas de résultats anormaux, il pourra vous prescrire un traitement ou des examens complémentaires. Rassurez-vous, des résultats dits “anormaux” ne sont pas forcément annonciateurs de lésions cancéreuses ou précancéreuses.

FAQ : tout savoir sur le premier frottis

Le frottis est-il remboursé ?

Le prix du frottis, qui comprend la consultation chez le praticien, le prélèvement et la lecture des résultats, est remboursé à hauteur de 70 % par l’Assurance Maladie. Le reste sera automatiquement remboursé par votre complémentaire santé, ou à votre charge si vous n’avez pas de mutuelle. 
En cas de résultats anormaux, un test HPV, qui recherche les infections par des papillomavirus, est réalisé et remboursé à hauteur de 60 %.

Peut-on faire un frottis si l’on est vierge ?

Avant le début de l’activité sexuelle le frottis cervico-vaginal n’est pas obligatoire car les lésions précancéreuses sont extrêmement rares.

Le frottis est-il obligatoire ?

Le frottis est conseillé dès l’âge de 25 ans si la·le patient·e a entamé sa vie sexuelle. Cependant, si vous ne vous sentez pas prêt·e, l’examen n’a pas à être réalisé contre votre volonté. N’hésitez pas à prendre un premier rendez-vous pour discuter avec le médecin, qui saura vous mettre en confiance.
Pour le choix du médecin, vous pouvez aussi vous référer à la liste de soignant·e·s du collectif Gyn&Co qui répertorie des sages-femmes, gynéco et médecins généralistes ayant une approche féministe, fat friendly, trans friendly, lesbian friendly…

Y a-t-il des effets secondaires ?

Il est possible d’observer de légers saignements après l’examen. Ceux-ci sont normaux et sont causés par le raclement de la spatule contre la surface du col utérin. En prévision, vous pouvez emporter avec vous une protection menstruelle. 

L’examen est-il douloureux ?

Le frottis n’est pas ce qu’il y a de plus agréable, mais il n’est pas douloureux. En revanche, il peut l’être pour les femmes souffrant de vaginisme. Ce trouble, qui se manifeste par des contractions involontaires des muscles pelviens, peut compliquer l’insertion du spéculum.

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